Elle est enceinte. Ils n’avaient tous deux aucune intention de procréer. Aucun des deux n’est responsable de cette grossesse.

Il souhaite une IVG, elle décide d’avoir l’enfant.

Quel droit pour cet homme dont le spermatozoïde va devenir son enfant malgré lui, et bouleverser sa vie ?

Une femme a le droit refuser la transformation de son ovule en enfant.

L’homme devrait-il avoir le droit de refuser la transformation de son spermatozoïde en son enfant ?

Un enfant si je veux quand je veux, Comment celà pourrait t’il s’appliquer à un homme.

Précisons : Le gars il a mis une capote et du spermicide, et en plus il se retire tout le temps. Elle prend la pilule fiable à 99%. Il s’entendent bien (sauf pour çà). Le bon dieu s’est moqué des deux parce qu’elle non plus n’en voulait pas au départ. Et ils ne se moquent de personne, ils se posent une question réaliste.

Un enfant non voulu n’est il pas traumatisant pour un homme ?

Une question apparaît : Si ELLE decide d’assumer SON enfant (peut-on vraiment dire LEUR puisqu’ils ne l’ont pas choisi tous les deux ?), peut-elle alors exiger de LUI qu’il assume des devoirs de Père ?

La question pour eux finit par se résumer à :

Est-ELLE d’accord pour avorter ? Car pour ELLE une IVG est DANGEUREUSE et ELLE A TRES PEUR.

Est-IL d’accord pour accepter un enfant maintenant ? Car pour LUI un enfant aujourd’hui compromet gravement l’avenir du couple. Dans 5 ans celà ne posera plus de problème en principe.

A NOTER :

Avec les tests ADN théoriquement aucun « géniteur » ne peut se dérober, y compris un « père par accident » quand le préservatif s’est rompu lors d’une aventure d’un soir. La condition de père peut donc être décidée pour un homme à son insu, par son amante d’un soir. Quelles conséquences ?

TENTATIVE DE SYNTHESE

Cette grossesse est arrivée par accident et personne n’en est responsable.

Comment faire pour gérer moralement ce conflit d’intérêts ?

SITUATION POUR ELLE

ELLE a changé d’avis en constatant qu’elle est enceinte (par accident) et elle veut avoir l’enfant, principalement par peur de l’IVG, mais aussi parce qu’elle pense que de ne pas attendre 5 ans n’est pas si grave que çà. Elle est consciente que par son choix elle impose à son copain une paternité dont il ne veut pas. Elle sait qu’elle court un risque de voir son couple en difficulté et peut-être détruit. Elle sait que son copain pourrait refuser d’assumer cet enfant, mais elle le connaît bien et elle est persuadée qu’il ne se dérobera pas.

Elle accepte ces risques. Elle considère que son refus de l’IVG prime légitimement sur son désir de ne pas imposer à son copain un enfant non désiré.

SITUATION POUR LUI

IL refuse cette paternité qui arrive trop vite dans leur vie commune qu’il ne trouve pas encore assez stable pour un engagement à vie. Il ne comprend pas que sa copine veuille lui imposer un enfant alors qu’elle dit l’aimer. Il trouve qu’une IVG n’est plus une opération très dangeureuse et que sa copine ne devrait pas en avoir peur. Il sait qu’il y a plus de risques pour sa copine dans une IVG que dans un accouchement, et qu’il devrait assumer les conséquences d’un accident opératoire. Il sait qu’il risque de perdre l’amour de sa copine s’il n’accepte pas un enfant.

Il accepte ces risques. Il considère que son désir de choisir librement un meilleur moment pour sa paternité prime sur son désir de ne pas imposer à sa copine une IVG non désirée.

CONCLUSION

Leurs opinions et leurs choix sont fondées sur des hypothèses concernant l’avenir.

Ni ELLE ni LUI ne peut savoir quel choix est globalement le meilleur. Dans cette incertitude, chacun doit faire un pari puis assumer les conséquences de son choix. C’est donc un cas de conscience inaccessible à des règles morales et encore moins à des règles légales. Aucune règle générale juste ne semble pouvoir être tirée dans ce genre de situation. Elle et lui devront assumer les conséquences de leur choix en conscience, et non vis à vis de la société.

Elle mènera donc sa grossesse à terme.

arton92

Commentaires fermés

Tarik

J’aime bien ce texte ….bonne conclusion
Je suis un père qui est « parti » (sans partir loin hein) avt la naissance de l’enfant…il n’y avait pas de choix pr moi , je ne pouvais faire autrement , être père ne me dérangeait pas (encore moins maintenant !), mais vivre avec une femme que je ne connaissais pas assez , ….je ne le sentais pas , pas du tout, je ne pouvais me leurrer a ce sujet là ….malgré tt mon conditionnement familial (famille unie etc…).

J’ai souffert…de savoir mon fils vivant avec un autre gars , puis un autre…les cotoyants plus souvent que moi….de ne pas etre là qd il se réveille le matin en semaine , ne pas etre là pour faire autre chose que de le laisser regarder la téloche tt les matins, ne pas etre là pour le voir tt les jours…
Mais j’ai assummé mon choix , c’était le bon.

Le résultat ? 7 ans après Arthur est en pleine forme , pétant de vie et d’intelligence, sociable et sympa…Qd je le compare (uniquement si je me decides a comparer hein) avec les enfants des couples « unis » que je peux cotoyer…..je ne regrette vraiment rien…

Bon ben , j’avais besoin de l’écrire hein , merci

    Anonyme

    Une fois un petit être arrivé, l’affaire est surtout, à un moment ou à un autre, entre ce petit être et son parent, et là tout est possible…

    thierry

    tarik

    j’ai pris connaissance de ton temoignoige via internet
    je me trouve dans la meme situation que toi, l’enfant n’est pas encore née et je me pose des tas de questions , mon souhait profond est de reconnaitre l’enfant mais j’ai du mal car je n’assume pas etre avec la mere et c’est tres difficile a vivre
    si tu peut rentrer en contact avec moi , pour me faire partager ton experience , peut etre cela m’aidera t’il ci joint mon tel xx xx xx xx

    PS :Nous pensons que c’est préférable, 😉

    Anonyme

    mmmmmerci !

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