La famille

Je suis rentrée dans ta chambre, mon fils, comme presque prévu dans un article précédent,

Tu as terminé les epreuves écrites du bac que je redoute tant, je ne t’ai rien demandé, tu me l’as recommandé mille fois !, mais je crois que cette fois, toi aussi tu vas me quitter

Comme prévu, ton espace vital a sérieusement diminué…

De toute façon, il aurait bien fallu que tu partes un jour ou l’autre, la vie s’écoule et je reste là, face à mes jours passés et à venir qui prennent la même couleur ce soir, je n’ai pas envie de masquer, je préfère pleurer, la gorge serrée

J’ai regardé hier soir des photos des jours d’avant, vous étiez tous petits et moi je vivais le temps présent sans jamais penser que vous grandiriez, que la vie jouerait à casser les bonheurs que je sais pourtant éphémères depuis bien longtemps déjà.

le problème de la vie, c’est de devoir la rendre alors qu’on n’a pas demandé de l’avoir.

Je réclame depuis toujours le mode d’emploi, mais l’echo seul répond.

Je préfère penser à mes bonheurs, les petits matins tièdes d’une journée d’été, le chant des oiseaux, les pailleries des géraniums et la douceur du vent qui fait trembler et argenter les bouleaux, les rires au loin des enfants qui jouent…

Faites que j’arrête de compter les heures, videz le sablier, donnez-moi le pouvoir d’oublier et cachez les miroirs, que je devienne une de ces folles de Giraudoux, laissez-moi m’évader de ce monde aux angles aigus, donnez moi la douceur d’un nuage duveteux et tout rond, ne me laissez plus seule, venez avec moi, vous verrez, on est si bien là-haut

Redonnez-moi juste une fois le bonheur que je connais ou un autre, que je vive une fois encore en dièse et non plus en bémol

Et puis, on dirait qu’on est toujours jeune, et puis on dirait que l’on serait toujours heureux, plouf, plouf, un petit cochon, pendu au plafond, tirez-lui la queue, il pondra des oeufs,combien en voulez-vous? un, deux, trois, quatre, ça en sera à toi de commencer !

arton105

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